Modifier sa déclaration d'activité
Un changement de nom, d'adresse, de forme juridique ou de dirigeant se déclare dans les trente jours. Ce délai n'est ni celui des deux mois d'instruction, ni celui des trois mois du dépôt initial.
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Par L'équipe Qualiova · Publié le · Mis à jour le · 12 min de lecture
La loi du 25 juin 2026 ajoute deux motifs de refus et d'annulation, de périmètres différents. Celui des locaux ne vise que l'apprentissage : le 5° de l'article L6351-3 renvoie au 4° de l'article L6313-1. Un organisme déclarant de la formation, un bilan de compétences ou de la VAE n'est pas concerné. Celui de l'antécédent du dirigeant s'applique à tous : une annulation prononcée dans les quatre années précédentes peut être opposée.
Jusqu'ici, l'enregistrement d'une déclaration d'activité se jouait presque entièrement sur la complétude du dossier : les pièces attendues, une première convention ou un premier contrat, un programme, des intervenants identifiés. La loi n° 2026-534 du 25 juin 2026 relative à la lutte contre les fraudes sociales et fiscales ajoute deux motifs qui portent, eux, sur la réalité de l'activité et sur l'historique de celui qui la porte.
Ces deux motifs jouent dans les deux sens : ils permettent de refuser l'enregistrement d'une déclaration, et ils permettent d'annuler un enregistrement déjà accordé.
| Nouveau motif | Qui est concerné | Ce que l'administration examine |
|---|---|---|
| Absence de locaux permettant de réaliser les actions | Uniquement l'apprentissage (4° de L6313-1) | La réalité d'un lieu d'exercice pour l'activité d'apprentissage déclarée |
| Annulation dont le dirigeant a fait l'objet au cours des quatre années précédentes | Tous les organismes | L'identité des dirigeants et l'historique des organismes qu'ils ont dirigés |
Concrètement, un dossier parfaitement rempli peut désormais être refusé. Et un organisme dont le numéro a été délivré sans difficulté peut le perdre si l'un de ces deux motifs est constaté ensuite. C'est un déplacement du contrôle : de la forme vers le fond.
Mise au point du 23 septembre 2026. Une première version de cet article présentait le motif des locaux comme s'appliquant à tout organisme de formation. C'est inexact, et c'est la confusion la plus répandue sur ce texte : le 5° de l'article L6351-3 du code du travail vise les locaux permettant de réaliser « les actions mentionnées au 4° de l'article L. 6313-1 », et ce 4° désigne les actions de formation par apprentissage. Si vous déposez une déclaration d'activité pour de la formation, des bilans de compétences ou de la VAE, ce motif ne vous concerne pas. La formulation large — « les actions mentionnées à l'article L. 6313-1 », sans numéro — existe bien dans le même article, mais elle est réservée au 1°, qui porte sur un tout autre sujet.
L'essentiel
Le texte est une loi de lutte contre les fraudes sociales et fiscales, pas une réforme de la formation professionnelle. C'est important pour comprendre son esprit : le législateur ne cherche pas à relever le niveau d'exigence pédagogique, il cherche à empêcher l'existence d'organismes qui n'ont pas d'activité réelle mais qui disposent d'un numéro de déclaration d'activité, donc d'une clé d'accès aux financements publics et mutualisés.
Deux profils sont visés en creux. Celui de la structure qui n'a ni lieu, ni moyens, ni intention de former, et qui sert de véhicule de facturation. Et celui du dirigeant qui, après une annulation, ouvre une nouvelle société et redépose une déclaration comme si rien ne s'était passé. Le reste du volet formation de cette loi, notamment côté contrôles sur les financements, est détaillé dans notre article sur la loi anti-fraude du 25 juin 2026.
Il faut le dire clairement : nous sommes en septembre 2026 et la doctrine d'application de ces deux motifs se construit encore. L'appréciation appartient au service régional de contrôle de la DREETS, dossier par dossier. Ce qui suit décrit ce que le texte exige et comment préparer un dossier robuste ; ce n'est pas une grille de notation officielle.
Le 5° de l'article L6351-3 est rédigé ainsi : « L'organisme ne dispose pas de locaux lui permettant de réaliser les actions mentionnées au 4° de l'article L. 6313-1 ». Ce renvoi est décisif, car l'article L6313-1 énumère quatre catégories d'actions :
| Alinéa de L6313-1 | Action | Concerné par le motif des locaux |
|---|---|---|
| 1° | Les actions de formation | Non |
| 2° | Les bilans de compétences | Non |
| 3° | Les actions de validation des acquis de l'expérience | Non |
| 4° | Les actions de formation par apprentissage | Oui |
Autrement dit : si vous déposez une déclaration d'activité classique — formation, bilan de compétences, VAE — ce motif ne vous est pas opposable. Il vise les organismes qui déclarent une activité d'apprentissage, c'est-à-dire les CFA et les organismes de formation qui ouvrent une section d'apprentissage. Le même périmètre se retrouve côté annulation, au 5° de l'article L6351-4.
C'est la confusion la plus répandue sur ce texte, y compris dans les commentaires professionnels, et elle a une conséquence concrète : des créateurs d'organismes classiques montent des justificatifs de locaux dont personne ne leur demandera rien, pendant qu'ils négligent les pièces qui, elles, font vraiment refuser un dossier.
Les autres motifs de refus de l'article L6351-3, eux, s'appliquent à vous : des prestations qui ne correspondent pas aux actions de l'article L6313-1, le non-respect des règles de réalisation des actions de formation, une pièce justificative non produite, et l'antécédent de votre dirigeant, traité plus bas. En pratique, un dossier classique se joue sur la cohérence entre la première convention, le programme et les intervenants, et sur la complétude des pièces — pas sur une adresse.
Pour les organismes effectivement visés, le motif ne dit pas « avoir un local ». Il dit : disposer de locaux permettant de réaliser les actions. La formulation est fonctionnelle. Elle renvoie à l'adéquation entre ce que vous déclarez faire et l'endroit d'où vous le faites.
C'est le cas le plus simple à documenter. Il faut pouvoir montrer un lieu où l'on accueille des apprenants et un droit d'y accueillir. Cela peut prendre plusieurs formes selon votre organisation : un bail, un contrat de domiciliation incluant la mise à disposition de salles, un abonnement d'espace partagé, un contrat de location de salle à la journée, une convention avec le client qui met le lieu à disposition dans ses propres murs.
La loi ne fixe pas de surface, ni de nombre de salles, ni de forme de contrat. Le point de vigilance est ailleurs : la cohérence. Déclarer des sessions de quinze personnes en présentiel avec, pour seul justificatif, un poste dans un espace de coworking ouvert crée une contradiction que l'administration peut relever.
Rappel d'abord : si votre organisme ne déclare pas d'apprentissage, le motif des locaux ne vous est pas opposable, quelle que soit votre modalité. La question ci-dessous ne concerne donc que les organismes qui déclarent une activité d'apprentissage à distance ou mixte.
Pour ceux-là, la réponse honnête est que la situation s'apprécie au cas par cas. À notre lecture, un organisme exclusivement distanciel n'échappe pas au motif : il doit démontrer les moyens correspondant à sa modalité, plutôt que des salles qu'il n'utilise pas.
En pratique, nous conseillons de documenter quatre choses :
Un organisme mixte doit documenter les deux volets. Et si la modalité n'est pas encore arrêtée, mieux vaut déclarer ce que vous êtes réellement en mesure de faire tout de suite que l'intégralité de ce que vous espérez faire un jour. La déclaration se met à jour ; un refus se conteste.
Toujours dans le périmètre de l'apprentissage, le cas le plus exposé est celui de l'organisme qui n'a qu'une adresse de boîte aux lettres, aucun moyen d'exercice identifiable dans le dossier, et un programme qui décrit des actions en présentiel. Le deuxième cas est celui de l'adresse déclarée qui ne correspond à rien de ce que raconte le reste du dossier : intervenants dans une autre région, première convention signée pour des sessions ailleurs, absence de tout titre d'occupation. Ce n'est pas la modestie des moyens qui pose problème. C'est l'absence de lien démontrable entre les moyens et les actions.
Le second motif est d'une autre nature : il ne regarde pas la structure, il regarde la personne. Si le dirigeant a fait l'objet d'une annulation au cours des quatre années précédentes, l'administration peut refuser d'enregistrer sa nouvelle déclaration, ou annuler l'enregistrement déjà prononcé.
Trois conséquences pratiques.
D'abord, créer une nouvelle société ne remet pas le compteur à zéro. Le motif est attaché au dirigeant, pas au SIREN. Changer de forme juridique, de dénomination ou de département ne fait pas disparaître l'antécédent.
Ensuite, la composition de la direction devient un sujet du dossier. Si vous vous associez, l'historique de vos associés dirigeants compte autant que le vôtre. Cette vérification est à faire avant de nommer quelqu'un dirigeant, pas après le dépôt.
Enfin, le silence est le plus mauvais choix. Si un antécédent existe, il vaut mieux le traiter de front : rappeler les faits, ce qui a motivé l'annulation, ce qui a changé depuis, et ce que le nouveau projet met en place pour que la cause ne se reproduise pas. Le texte ouvre une faculté de refus, pas une interdiction automatique — mais on ne peut pas espérer convaincre sur un point qu'on n'a pas abordé.
La déclaration d'activité reste une déclaration, pas un agrément. On ne demande pas l'autorisation d'exister : on déclare une activité qui a déjà commencé, sur la base d'une première convention ou d'un premier contrat de formation.
Le contenu du dossier reste celui prévu par le Code du travail — identité de l'organisme, première convention ou contrat, programme de la ou des actions, titres et qualités des intervenants. Vérifiez la liste exacte et le mode de dépôt auprès de votre DREETS ou sur le service en ligne dédié : ces modalités évoluent indépendamment de la loi.
Et surtout, la déclaration d'activité reste distincte de la certification Qualiopi. Le numéro de déclaration permet d'exercer ; Qualiopi conditionne l'accès aux fonds publics et mutualisés. Les deux se préparent en parallèle mais ne s'obtiennent pas au même endroit — voir nos pages création d'organisme de formation et éligibilité CPF.
| Votre situation | L'action à mener |
|---|---|
| Je déclare de la formation, un bilan de compétences ou de la VAE | Le motif des locaux ne vous concerne pas : concentrez le dossier sur la cohérence entre première convention, programme et intervenants, et sur les pièces justificatives |
| Je déclare de l'apprentissage, activité en présentiel | Joindre le titre d'occupation du lieu et vérifier qu'il est cohérent avec le programme et la première convention |
| Je déclare de l'apprentissage, activité 100 % distancielle | Décrire le lieu d'animation, la plateforme, le matériel et le dispositif d'assistance des apprenants, justificatifs à l'appui |
| Je déclare de l'apprentissage et je suis domicilié chez moi | Documenter le droit d'occuper le lieu et les moyens d'exercice ; ne pas déclarer de présentiel que vous ne pouvez pas tenir |
| Je déclare de l'apprentissage depuis un espace partagé | Conserver le contrat ou l'abonnement et les réservations de salles, et ajuster les capacités annoncées |
| Un dirigeant a eu une annulation depuis moins de quatre ans | Traiter le point explicitement dans le dossier, ou revoir la composition de la direction avant le dépôt |
| Je reçois une demande de complément | Répondre dans le délai indiqué, par écrit, avec les pièces demandées et rien d'autre |
| Ma déclaration est refusée | Lire les motifs et les voies de recours indiquées sur la décision, puis choisir entre recours et nouveau dépôt corrigé |
| Mon enregistrement est annulé | Cesser d'engager de nouvelles actions financées, traiter les actions en cours avec les financeurs, préparer le recours |
Une décision de refus ou d'annulation est un acte administratif. Elle doit être motivée : vous devez savoir lequel des motifs vous est opposé et sur quels éléments. Elle doit aussi mentionner les voies et délais de recours qui vous sont ouverts. C'est cette mention, sur votre décision, qui fait foi — pas un délai lu dans un article de blog, y compris celui-ci.
Trois portes existent en général, et elles ne s'excluent pas toutes : demander un réexamen au service qui a pris la décision en apportant les éléments manquants, saisir l'autorité hiérarchique, ou porter l'affaire devant le tribunal administratif dans le délai indiqué. En parallèle, si le motif est corrigeable — un titre d'occupation que vous n'aviez pas joint, des moyens distanciels non décrits —, un dossier complet redéposé est souvent la voie la plus rapide.
Dernier point, sur l'annulation : sans déclaration valide, l'accès aux financements publics et mutualisés tombe. Prévenez vos financeurs et vos clients plutôt que de les laisser le découvrir, notamment côté OPCO, où une prise en charge en cours doit être traitée explicitement.
Qualiova est un cabinet de conseil. Qualiova n'est pas un organisme de formation et n'est pas certifié Qualiopi : nous accompagnons nos clients dans l'obtention de leur propre certification. Cet article décrit l'état du droit et de l'information disponible au 12 septembre 2026 et ne remplace pas la position de votre DREETS ni la communication officielle de l'administration sur votre dossier.
La loi du 25 juin 2026 permet de refuser ou d'annuler une déclaration d'activité pour deux motifs nouveaux, qui n'ont pas le même périmètre : l'absence de locaux, opposable aux seuls organismes déclarant de l'apprentissage, et une annulation dont le dirigeant a fait l'objet au cours des quatre années précédentes. Le premier se prépare en démontrant la cohérence entre vos moyens réels — y compris purement distanciels — et le programme que vous déclarez ; le second se traite avant le dépôt, en vérifiant l'historique de chaque dirigeant. Un refus n'est pas définitif : il est motivé, il indique ses voies de recours, et il se corrige le plus souvent en comblant ce qui manquait.
Sur le refus de déclaration 👉🏻
Oui. Rien n'interdit d'avoir son siège à son domicile, et si vous ne déclarez pas d'apprentissage, le motif de refus relatif aux locaux ne vous est pas opposable. Pour un organisme déclarant de l'apprentissage, l'administration examine la capacité à réaliser concrètement les actions : un dirigeant qui forme en présentiel doit pouvoir montrer où, un dirigeant qui forme à distance avec quels moyens.
Pour une déclaration classique — formation, bilan de compétences, VAE — la question ne se pose pas : le motif des locaux du 5° de l'article L6351-3 vise les seules actions de formation par apprentissage. Pour un organisme qui déclare de l'apprentissage à distance, la lecture logique est qu'il doit démontrer les moyens propres à sa modalité : plateforme, poste de travail et connexion, lieu d'animation, dispositif d'assistance des apprenants. L'appréciation se fait dossier par dossier : demandez la position de votre DREETS avant le dépôt.
Non, et c'est la confusion la plus répandue sur ce texte. Le 5° de l'article L6351-3 du code du travail vise les locaux permettant de réaliser « les actions mentionnées au 4° de l'article L. 6313-1 », et ce 4° désigne les actions de formation par apprentissage. Un organisme déclarant de la formation, des bilans de compétences ou de la VAE n'est pas concerné par ce motif — ce qui ne le dispense évidemment pas des autres conditions de la déclaration.
Non. Pour une déclaration classique, aucun justificatif de locaux n'est requis au titre de ce motif. Pour l'apprentissage, la loi n'impose ni forme de contrat ni surface : ce qui compte est la réalité et la cohérence du lieu d'exercice avec l'activité déclarée. Bail, contrat de domiciliation avec mise à disposition de salles, convention de coworking ou location de salle à la journée peuvent être présentés selon l'organisation retenue.
L'administration peut opposer une annulation dont le dirigeant a fait l'objet au cours des quatre années précédentes, pour refuser l'enregistrement d'une nouvelle déclaration ou pour annuler celle qui vient d'être enregistrée. Il faut traiter ce point en amont, en documentant la situation, plutôt que de déposer un dossier silencieux sur l'antécédent.
Non. Un refus est une décision administrative : elle doit être motivée et mentionner les voies et délais de recours applicables. Vous pouvez selon les cas demander un réexamen, saisir le supérieur hiérarchique ou porter l'affaire devant le tribunal administratif. Vous pouvez aussi corriger ce qui a motivé le refus et déposer un dossier complet.
Sans déclaration d'activité valide, un organisme n'est plus un prestataire de formation au sens du Code du travail. Il perd de fait l'accès aux financements publics et mutualisés, ce qui touche les prises en charge OPCO et le référencement sur Mon Compte Formation. Les actions engagées doivent alors être traitées avec les financeurs concernés.
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L'équipe Qualiova accompagne la création et la certification d'organismes de formation : déclaration d'activité, certification Qualiopi, référencement EDOF et financements OPCO.
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